lundi 9 février 2009

The Most Dangerous Game



Avant même de dire ce que j'aime bien, ce que j'ai bien aimé et bien aimé faire aujourd'hui, je vais avoir besoin d'une petite introduction concernant ma personne.

Ce post est le meilleur que j'aie fait, même si je ne l'ai pas encore lu, pourtant, j'ai toujours été un avide lecteur, de livres en tout cas, en tout genre, et depuis quelques années, en anglais aussi.

De mauvaises langues pourraient me qualifier d' "intello", puisque je suis souvent fier de ce que je lis, regarde, écoute, et en parle avec une prose masturbatoire parfois dépassant l'entendement.

Mais, la différence est dans la démarche.

En effet, je fais partie de ceux qui pensent que la culture, qu'elle qu'elle soit, doit être non seulement faite par et pour le peuple, et qu'en plus, tous les moyens sont bons pour s'en emparer.

Bah ouais, sinon c'est facile, les riches deviennent "intelligents" et les pauvres eux, n'ont pas accès à ce qui pourrait, au moins spirituellement, les sortir d'une mouise qui date depuis la nuit des temps.

En effet, au Moyen Age déjà (et jusqu'à il n y a pas si longtemps que ça), l'armée du Christ (les religieux et consorts) étaient les seuls à savoir lire, les seuls à avoir le pouvoir de déformer une oeuvre et la faire boire telle une louve romaine à ses gamins débiles et assoiffés de violence.

De nos jours, c'est presque pareil, le Dieu Télévision se charge de cette mission.

Bref, revenons en à moi.

Cette passion donc, la lecture, est là depuis mon plus jeune âge, où mes parents m'achetaient des Tintins parfois en allant au centre commercial, entre deux jus de fruit et des glaces, mais ce n'est que lorsque j'ai grandi, que je suis allé à la recherche de cette culture, de LA culture par moi même que je me suis senti satisfait, et en même temps, avide... satisfait d'être avide, curieux.

Tout a commencé vraiment au C.D.I. du bahut, ils avaient le Time magazine en anglais donc, et j'avais commencé à feuilleter un jour de galère le spécial "personnalités du siècle", cherchant si Spielberg y était, et je suis tombé sur une image en noir et blanc d'un bonhomme assez jeune, avec un chapeau melon, ce mec, c'était Franz Kafka, l'image était méga classe, j'ai donc lu le petit article et j'ai vu qu'il avait écrit un truc sur un cafard géant, La Métamorphose, of course.

Pris de curiosité, je suis allé voir les rayons s'ils l'avaient ce bouquin, et effectivement, il était là, posé, pas emprunté depuis les années 80 (alors qu'on était déjà en 97, j'avais 14 ans), voyant la file d'attente des emprunts, et épris d'un sentiment noble de "sauver ce livre" (critiquez mon attitude, je m'en fous), je l'ai foutu dans ma poche, regardant bien autour de moi si personne ne voyait, et je l'ai volé.

L'adrénaline en sortant, le plaisir décuplé en lisant ce bouquin et tout ça m'ont évidemment fait revenir...

Le Meilleur des Mondes, L'Ile Mystérieuse, Le Joueur, Alice au Pays des Merveilles, Le Livre de la Jungle, Le Manifeste du Parti Communiste... You name it, aussitôt que je les voyais, ils étaient miens…

Evidemment, j'en achetais aussi, mais ils n'étaient jamais aussi bons que les bouquins gagnés au prix de la curiosité, du danger et de la sueur.

Quelques années plus tard, j'ai commencé à faire ça à la Fnac, avec l'aide d'un pote, on avait trouvé une superbe combine, on réussissait à faire sortir des bandes déssinées, des illustrés grand format, des Taschen, des romans, des mangas, des magazines, l'adrénaline, toujours, la satisfaction, rien n'égale ce sentiment où enfin sorti du bordel, tu rouvres ton sac rempli de trucs, te remémorer religieusement de ce que t's pris exactement, en les sortant un par un, lisant quelques pages dedans, et les remettant dedans, attendant d'être à la maison, allongé, les doigts de pieds prêts à frétiller pour enfin pouvoir lire tout ça.

Par contre, nous nous étions promis de ne jamais faire ça dans des petits commerces.

Quelques semaines plus tard, et quelques centaines d'euros de bouquins, après avoir vu que ça fonctionnait, j'ai voulu tester la combine tout seul.

Je me suis fait chopper avec 2 bouquins.

Garde à Vue et tout le bordel, c'était funky, et ça valait le coup, je ne pouvais m'empêcher de penser qu'au final, "je les ai bien eus ces cons là".

Et je le pense toujours, même si jusqu'aujourd'hui, j'avais foutu ma carrière de criminel dans un placard fermé à clé, laissant juste parfois s'échapper de bons souvenirs, lorsque je relis un livre avec la cotation du C.D.I sur la tranche...

Vous vous souvenez, j'ai dit que je ferai jamais ça dans des petits commerces, ça me rappelle quand j'étais gosse et planquait les clopes de ma mère ou les brisait en deux en disant que je ne fumerai jamais.

Je fume 1 paquet voire plus par jour aujourd'hui.

Je suis allé à W.H. Smith aujourd'hui après le boulot.

Boutique assez grande quand même, chaîne anglo-américaine de librairies etc... située sur la rue de Rivoli et blindée de bouquins en tous genres, en import évidemment, et bien plus chers que ce qu'on peut trouver en France (je ne me cherche pas d'excuses hein, je suis un voleur de livre, et la seule manière de ne pas se faire prendre, c'est de le faire naturellement, comme on respire, rythmé comme un film de braquage ou le voleur sortirait, peinard, en marchant).

Je suis donc là bas pour voir, regarder, mais tout d'un coup, je vois un bouquin, Princess Bride, le roman original, et je le prend en main, regarde le prix, tâte l'absence d'argent dans mes poches et regarde autour de moi.

J'estime qu'avec un peu de patience, c'est faisable, je regarde donc, puisque j'ai un budget illimité, ce que je peux prendre d'autre.

Princess Bride donc, No Country for Old Men de Cormac Mc Carthy, Down & Out in Paris & London de Georges Orwell, Factotum et Pulp de Charles "Dieu" Bukowski (que j'ai déjà lu, mais pas en anglais), et Trainspotting, d'Irvine Welsh (pareil).

Je les prend en main, mon casque vissé sur ma tête crache du Neil Young, je reprend goût à mon hobby.

Je cherche les lieux pas trop fréquentés, alors que la boutique est en surface blindée de monde, faut juste trouver le lieu, la seconde, et hop, dans le sac qu'on a ouvert au préalable.

Je sors.

A la cool.

Je tourne, regarde une dernière fois derrière, et me dirige vers le métro Opéra.

J'ai évidemment feuilleté les bouquins dans le métro, lisant des lignes par ci, par là.

Ils ont l'air biens, MES livres

vraiment.

3 pommes tombent du ciel, une pour le conteur, une pour celui qui écoute et une pour celui qui tend l'oreille, au loin.

7 commentaires:

Anonyme a dit…

J'adore ce texte (mais j'achète mes bouquins) :-)

Merci!

Bisou

Crisp'

King Mob a dit…

@ Crisp, thanks

au fait, essayez de penser à mettre vos nomw, comme ça ça m'écrit pas anonyme en posteur

bisous à toi

Anonyme a dit…

J'adore le personnage , depuis longtemp.

Sa plume me laisse toujours admiratif , et sur ce texte , m'a vraiment épaté.

Keep on movin this way

Lots of kisses on your Armenian fat ass

YaumeGui

Anonyme a dit…

Je veux un nouvel article !

Unknown a dit…

King Mob !!!!

J'adore ce style contradictoire entre la plume (blanc) et l'acte (noir) !

T'es ma putain d'oxymore à moi mec !!! ;)

Encore !

Anonyme a dit…

Très beau texte. Illustration super classe.

Du grand S!

King Mob a dit…

Illustration faite par Axl, j'ai foutu le lien de son blog sur le mien

merci pour vos messages bande de gens